In memoriam

While driving, I often see makeshift monuments on the side of the road, hastily erected in memory of somebody who died accidentally. Often a few flowers, sometimes with a yellowish photo reminding the traveler of the sometimes fatal and unpredictable nature of our lives.

Rarely, however, have I come across such a commemorative plaque, erected with noble materials that stand the test of time, funerary marble and brushed steel frame, in memory of a young Serbian child of the Orthodox faith, who died in a road accident in 1983. The ostensible character of this plaque had caught my attention during my first visit to Srebrenica, last February. Yet I knew nothing at that time of the tragic history of this place: the infamous Kravica warehouse.

It was here on July 13, 1995, in the agricultural shed that can be seen in the background, that 1,374 Bosnian Muslim civilians were gathered and executed in just a few hours - from 3:00 p.m. until nightfall. Crammed together, unable to move, they ended up being executed with bursts of machine guns, then, in order to speed up the pace, by throwing grenades and firing bazookas through the windows. Only two survivors managed to escape through the windows at the rear of the building. All the victims had tried to flee Srebrenica by foot by the mountain, seeking to save their lives by joining the Bosnian lines of Tuzla, distant of more than 100 kilometers… Of this column of approximately 15,000 people, it is considered that less than half managed to escape. The others, taken prisoner or encouraged to surrender on the pretext that no harm would be done to them, were rounded up and executed either on the spot where they were captured or in various neighboring locations - including this agricultural warehouse. Many committed suicide so as not to fall into the hands of the Bosnian Serb Army (VRS) soldiers.

To this day, and after years of administrative procedures and various legal remedies, the Serbian local administration still denies the families of the victims the right to erect a commemorative plaque in memory of their loved ones.


Traduction française :

Au volant j’aperçois souvent sur le bord des routes des monuments de fortune, érigés à la va-vite en mémoire d’un défunt mort accidentellement. Souvent quelques fleurs, avec parfois une photo jaunie rappelant au voyageur le caractère parfois funeste et imprévisible de nos existences.

Rarement pourtant ai-je croisé une telle plaque commémorative, érigée avec des matériaux nobles à l’épreuve du temps, marbre funéraire et chassis en acier brossé, en mémoire d’un jeune enfant serbe de confession orthodoxe, mort lors d’un accident de la route en 1983. Le caractère ostensible de cette plaque avait attiré mon attention lors de ma première visite à Srebrenica, en février dernier. Je ne savais pourtant rien à l’époque de l’histoire tragique de cet endroit : le tristement célèbre entrepôt de Kravica.

C’est ici même, le 13 Juillet 1995, dans le hangar agricole que l’on devine en arrière-plan, que furent sauvagement exécutés 1.374 civils Bosniaques Musulmans en seulement quelques heures - de 15h00 jusqu’à la tombée de la nuit. Entassés à ne plus pouvoir bouger, ils furent systématiquement exécutés à coups de rafales de mitrailleuses, puis, afin d’accélérer le rythme, par jets de grenades et tirs de bazookas au travers des fenêtres. Seuls deux survivants ont réussi à s’échapper par les fenêtres à l’arrière du bâtiment. Toutes les victimes essayaient de fuir à pied Srebrenica par la montagne, cherchant à sauver leurs vies en rejoignant les lignes Bosniaques situées à Tuzla, distantes de plus de 100 kilomètres… De cette colonne d’approximativement 15.000 personnes, on considère que moins de la moitié ont réussi à s’échapper. Les autres, faits prisonniers ou incités à se rendre au prétexte qu’aucun mal ne leur serait fait, furent ensuite réunis et exécutés soit sur les lieux mêmes de leur capture, soit en divers endroits avoisinants - dont cet entrepôt agricole. Beaucoup se suicidèrent pour ne pas tomber aux mains des militaires de l’armée des serbes de Bosnie (VRS).

A ce jour, et après des années de procédures administratives et divers recours judiciaires, l’administration locale serbe refuse toujours aux familles des victimes le droit d’ériger une plaque commémorative à la mémoire de leurs proches.

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